GDA-holds-ministerial-conference-in-MarrakeshL’Alliance Mondiale des Terres Arides (GDA) a tenu une conférence ministérielle à Marrakech les 29 et 30 mai 2015 pour discuter des défis de la sécurité alimentaire en présence de 14 États membres potentiels: Qatar, Maroc, Koweït, Oman, Emirats Arabes Unis, Jordanie, Irak, Mauritanie, Tunisie, Algérie , Mexique, Sénégal, Tchad, Niger, Burkina Faso, Tanzanie, Egypte, Bahreïn et Kazakhstan.

Des représentants des agences des Nations Unies, de la Banque islamique de développement (BID), de la Banque asiatique de développement (BAD), du Programme alimentaire mondial, de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture et du Fonds international de développement agricole (FIDA) assistaient à la conférence.

Les ministres ont discuté des expériences de leurs pays en matière de mise en œuvre des stratégies de la sécurité alimentaire, alors que les experts ont débattu des détails de la convention d’établissement de la GDA et des mécanismes de financement innovants proposés par l’Alliance.Dans son discours d’ouverture, le ministre algérien de l’Environnement, Ahmed bin Amer Al Humaidi, a déclaré que la GDA était une initiative de Son Altesse Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, émir du Qatar pour compléter les efforts internationaux visant à assurer la sécurité alimentaire de près de 3 milliards de personnes. Il a également indiqué que lors de la deuxième Conférence internationale sur le climat, la durabilité et le développement tenue à Rio de Jainero en 2010, les pays ont convenu de conjuguer leurs efforts dans la prochaine décennie pour lutter contre la désertification et la sécheresse. Il a noté: « Aujourd’hui, cinq ans avant la fin de cette décennie et malgré les résultats positifs, les habitants des zones arides sont toujours confrontés à la pauvreté, la faim et les maladies dues au changement climatique, au développement démographique et à la baisse de la production agricole. »Al Humaidi a signalé que selon les projections de la FAO, les catastrophes naturelles vont augmenter et qu’il y aura pénurie d’eau dans les régions arides et semi-arides, et c’est sans parler de la détérioration des terres arables qui entraîne chaque année une perte de 20 millions de tonnes de céréales. Il a également exprimé ses inquiétudes appelant les pays des terres arides à renforcer leurs efforts de coopération et à diagnostiquer les problèmes en transformant les risques en opportunités prometteuses.

S’adressant à la conférence ministérielle, le ministre délégué à l’Intérieur du ministère marocain de l’Intérieur, H.E. Al Sharqi Idriss, représentant le ministre marocain de l’Agriculture et de la Pêche, H.E. Aziz Akhannouch, a souligné que les relations marocaines se sont développées pour atteindre ce résultat. Il note également que l’initiative de la GDA est un terrain d’entente pour une coopération fructueuse entre les États membres pour parvenir à la sécurité alimentaire. Il a ajouté: « A travers cette Alliance, nous échangerons nos expertises, mobiliserons des ressources et identifierons des projets pionniers qui peuvent être mis en œuvre pour lutter contre la désertification, développer des régions arides et préserver l’environnement.

M. Idriss a déclaré que la désertification est une préoccupation mondiale et que le Maroc a souffert de la sécheresse et de la rareté de la pluie. Ceci impose des mesures proactives conduisant à des stratégies efficaces pour atteindre la durabilité de l’eau. Il a ajouté que le changement climatique nécessite des stratégies globales et des ressources durables appelant à la coopération entre les pays du Sud pour faire face aux répercussions négatives sur le climat, principalement en Afrique. Le ministre koweïtien du Pétrole, S.E Ali Saleh Al Ameir, a exprimé l’espoir que la conférence atteindra ses objectifs et répondra aux ambitions des populations des terres arides. Il a salué l’initiative de Son Altesses l’Emir du Qatar d’établir une Alliance combinant tous les efforts afin d’aider les pays à surmonter les obstacles agricoles et à répondre aux besoins alimentaires de base, puis à élaborer des stratégies et des politiques garantissant une gestion adéquate des ressources naturelles, la lutte contre la sécheresse et la désertification, ainsi que la gestion de projets agricoles utilisant les dernières techniques d’irrigation et de pâturages naturels. Al Ameir a réitéré le soutien du Koweït à l’Alliance pour atteindre sa noble cause.

Le directeur exécutif de la GDA, l’ambassadeur Bader Al Dafa, a expliqué les raisons de l’établissement de l’Alliance: augmentation de la population mondiale de 200000 habitants, augmentation de la température de la planète et changement climatique, ce qui rend difficile la satisfaction des besoins alimentaires. « La FAO a déclaré que la production alimentaire mondiale devrait augmenter de 70% en 2050 », a-t-il déclaré.Al Dafa a déclaré que les pays des zones arides seront plus vulnérables aux crises alimentaires et que si l’agriculture a contribué en partie à la sécurité alimentaire, le changement climatique et l’augmentation de la population seront le principal défi du présent et de l’avenir. « La conférence de Marrakech se concentre sur la sécurité alimentaire dans les pays habités par 30% de la population mondiale qui font face à la sécheresse, la désertification, la pauvreté et la faim », a déclaré Al Dafa.«La vision de GDA est de sécuriser davantage les zones arides, ce qui renforce la sécurité et la paix dans le monde. La mission de l’Alliance est de coopérer avec des partenaires locaux, régionaux et internationaux pour identifier et diffuser des solutions pour faire face aux défis liés à l’agriculture, à l’eau et à l’énergie dans les pays arides.

La session d’ouverture a été conclue par les remarques du Président de la Banque Islamique de Développement, Dr. Ahmad Mohamed Ali Al Madani, qui a exprimé le soutien total de la banque à l’Alliance et sa volonté de financer de futurs projets. « Cette conférence est un appel sérieux et honnête pour renforcer la coopération et relever les défis », a déclaré le chef de la BID. Al Madani a ajouté que la discussion doit se concentrer sur les fonds nécessaires aux projets et programmes de l’Alliance pour faire face aux défis d’infrastructure dans les régions arides, ainsi que l’autonomisation économique et le soutien des petits propriétaires fonciers pour renforcer leurs capacités de production et les relier aux marchés qui les aident à faire face aux défis des zones arides.