L’ALIMENTATION ET LA NUTRITION

L’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle/ nutritive dans les pays arides contribuera à la réduction de la pauvreté et à l’encouragement du développement agricole durable dans ces pays. Dans tous les pays en voie de développement et plus particulièrement au sein des pays arides, il existe un lien évident entre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. La plupart des populations pauvres sont soit sous-alimentées, soit en situation d’insécurité alimentaire. Les ménages à faibles revenus consacrent une part importante de leurs revenus à l’achat de nourriture. Ils sont très vulnérables aux variations des prix alimentaires et à la pénurie alimentaire en période de conflit, de troubles politiques ou de catastrophes naturelles. L’insécurité alimentaire est un défi de développement multidimensionnel et la nutrition est un élément central à ce défi. La sous-alimentation est également une contrainte à la croissance économique.

Le potentiel mondial de croissance économique se trouve réduit en raison du fait que certaines personnes ne soient pas aptes au travail et que leur corps et capacités intellectuelles soient affectés par la sous-alimentation.
La question revêt donc d’une importance capitale dans les régions arides où dans certains pays, un tiers des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition (en Égypte et au Soudan par exemple) et où dans d’autres pays arides près des deux tiers des enfants (au Yémen) subissent la même situation.
La nutrition est donc un élément clé figurant dans les grandes lignes de la GDA qui lutte contre l’insécurité alimentaire dans les pays arides.

L’ÉNERGIE

L’accès à une énergie moderne fiable dans les zones arides est très faible. Moins de 20% de la population a accès à l’électricité dans la plupart des pays africains membres de la Banque Islamique de Développement, les populations rurales ayant un accès inférieur à 5%.Il s’agit d’un obstacle majeur qui entrave la productivité agricole et celle issue de l’élevage, la sécurité alimentaire, le développement socio-économique ainsi que la diversification des moyens de subsistance.

L’augmentation de la productivité agricole, principal élément conducteur de la sécurité alimentaire et l’agriculture,  continue d’être une source de potentiel dominant dans les zones arides permettant la création de nombreux emplois.

L’accès à l’énergie est essentiel à l’augmentation de la productivité tout au long de la chaîne de valeur de l’agriculture, c’est à dire de la ferme jusqu’à la vente sur le marché.

La cultivation des cultures vivrières nécessite des intrants énergétiques pour : la préparation des terres, la plantation, l’irrigation, la récolte et le traitement après récolte. Les défis liés à l’accès à l’énergie sont aussi variables que la situation des pays et régions arides. Dans les zones rurales, les faibles densités de population, les grandes distances et le manque d’infrastructures entraînent des coûts élevés tandis que la pauvreté de la population rend difficile le paiement de l’énergie domestique ou agricole et la demande s’y trouve être limitée. En outre, l’absence d’un régime de réglementation efficace, les manques de capacités, de soutien institutionnel de la part des gouvernements et de moyens décentralisés pour aborder les conditions de technologie et d’accessibilité sont là d’autres obstacles.

L’EAU

Les écosystèmes des zones arides sont fragiles. La pénurie en eau douce, le manque de terres arables, le surpâturage, la déforestation et la faible productivité agricole rendent l’agriculture des zones arides vulnérable. Une eau d’irrigation inadéquate dans les systèmes de production agricole peut augmenter la salinité du sol dans le cas  de sols et d’eau qui soient marginaux. En outre, la faible capacité en eau des zones arides a entraîné une pénurie d’eau potable pour plus d’un tiers de la population des zones arides. Il existe de nombreux défis liés à l’usage de l’eau dans le domaine de la sécurité alimentaire et qui doivent être résolus de manière urgente pour permettre une utilisation efficace des ressources en eau prévenant ainsi de l’épuisement et de la pénurie de cette ressource.

LA TERRE ET LE SOL

La dégradation des terres menace notre capacité à nourrir une population mondiale dont la croissance est estimée à plus de neuf milliards d’individus d’ici 2050. La demande alimentaire devrait augmenter de 50% (par rapport aux niveaux actuels) d’ici 2030.

Pour répondre à ces demandes, il serait nécessaire d’avoir à disposition de 175 millions à 220 millions d’hectares de terres cultivées supplémentaires. Les causes directes de la dégradation des terres et de la désertification sont l’agriculture non durable, le surpâturage par le bétail et la surexploitation des forêts et des terres boisées. Des pratiques non durables en matière d’irrigation et de production peuvent entraîner : une augmentation de la salinisation des sols, l’épuisement des nutriments et l’érosion. On estime que 950 millions d’hectares de terres affectées par le sel se trouvent dans les régions arides et semi-arides, soit près de 33% des terres potentiellement arables du monde.

La limitation de la dégradation des nouvelles terres est une priorité importante. Les stratégies futures devraient veiller à ne pas épuiser ces terres nouvelles et à augmenter la productivité des terres agricoles déjà existantes.